02.09.2008
"Ne faites pas trop bien ce sera plus artistique."
...Ou l'enseignement artistique à la louche...
...Un enseignant plus subtil aurait dit ça autrement, aurait incité l'élève à plus d'audace. Pas cette prof de poterie des ateliers de la ville de Lille, peintre par ailleurs, dont les élèves, à part moi, étaient principalement des femmes au foyer pratiquant une activité.
Etait-ce pour s'adapter au niveau (supposé) de ces élèves que notre professeur faisait oeuvre de simplification ? Allez savoir.
Ma première confrontation avec un enseignant au sujet de l'art remonte à loin, j'avais sept ans et j'avais inventé l'impressionnisme (cela n'a jamais été validé dans l'Histoire de l'Art, nous étions en 1969 et ça avait déjà été inventé.).
Notre maîtresse d'école nous avait donné comme sujet de dessin le hérisson et fort inspiré, j'avais brossé assez grossièrement une touffe de piquants émergeant d'herbes brossées de la même manière. J'étais très satisfait de ma trouvaille qui m'aurait valu l'approbation de la prof Lilloise citée précédemment, mais pas celle de ma maîtresse d'école. Je la vois encore me montrer avec application comment il fallait dessiner le hérisson, j'étais très en colère intérieurement car j'avais la certitude d'avoir raison et j'étais incapable de lui expliquer le caractère intentionnel de mon "barbouillage"...
Je dois quand même ici rendre hommage à une enseignante qui m'a appris la seule chose que je retienne de ma scolarité. Cela remonte aux petites classes, étant encore de jeunes enfants nous pouvions faire une sieste au lieu d'aller en récré. Un lit avait été installé dans une salle de classe où on avait fermé les rideaux. La maîtresse est entrée alors que j'étais déjà couché, elle s'est allongée à côté de moi, J'ai vu dans son regard ce qu'il y avait d' intime dans cette situation, j'ai gardé un souvenir presque intact de cet instant où pour la première fois de ma vie une femme a posé sur moi un regard plein de promesses.
Un autre épisode qui s'est déroulé dans la même école, constitue la deuxième seule chose que j'ai retenue de ma longue scolarité. Qu'ai-je fais ce jour-là pour mériter de me retrouver puni sous le bureau de la maîtresse ? Je me le demande, car si je le savais je veux bien récidiver... S'agit-il de la même enseignante que pour la sieste ? J'aimerais bien le savoir ! Toujours est-il que je garde de cette "punition" l'image d'une agréable cachette, dans laquelle sont alignées deux jambes de femme, je les contemple avec fascination, la rondeur des genoux, je suis surpris et émerveillé, ici aussi il y a un univers plein de promesses, elles seront tenues bien plus tard, pourtant sous ce bureau j'ai l'impression d'avoir bénéficié d'une petite part d'érotisme, qui n'était pas, je suppose, au programme de ma classe. Merci Madame.
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